« Tu m’écoutes ? »

« T’entends ce que je te dis ou pas ? »
« Tu m’écoutes ? »
« J’ai l’impression qu’il m’écoute jamais ! »

Dans ce monde non violent, bienveillant et même souvent tolérant, une difficulté persiste, un manquement subsiste : l’écoute. Sous ses airs de non-violence, l’écoute ne semble pas répondre à l’appel de notre époque. Persistante en certains lieux, convoitée dans certaines amitiés, chérie en couple si la communication en est empreinte, l’écoute reste une denrée rare.

Entendre des informations, ça, nous sommes habitués, notre vie multi tâche nous y entraine. Surprendre des conversations, ça nous est arrivé. Encourager des explications, conseil facile dont nous sommes gourmands. Donner des conseils, utiliser notre expérience, parler de nous, raconter notre histoire, nos misères et nos bonheurs… Infliger à l’autre nos « moi aussi », nous ne faisons (presque) que ça.

Finalement, à quand remonte la dernière fois où l’on a vraiment écouté l’autre ?

Au cœur de nos consultations, les patients aiment l’écoute. D’ailleurs ils viennent parfois ne chercher que ça. « En tout cas ça fait du bien de parler », en fait, ça fait surtout du bien d’être écouté. Et qui, avec ce qu’il reçoit, propose une réponse, apporte une matière à réflexion et construit une interprétation.

Écouter l’autre c’est s’accroupir près de lui et l’envisager dans ce qu’il est lui, profondément. C’est inévitablement s’oublier. C’est envisager sa différence, sans forcément y souscrire mais simplement la rendre existante.

Essayons, dans nos relations, si simples soient-elles, de prendre le temps d’écouter celui qui nous parle, de nous déplacer vers lui.

Écouter cette petite dame, fatiguée qui a mal aux pieds en sortant de la boulangerie, écouter ma copine qui me dit toujours que « ça va » en haussant les épaules, prendre le temps de demander à mon meilleur pote si ça va mieux avec sa femme et d’écouter sa réponse qui ne sera pas forcément celle que je veux entendre, écouter ma mère, simplement me raconter sa vie, ses petites misères et ses petites joies, et reconnaitre que pour une fois, ça s’est pas si mal passé.

Peut-être parce qu’écouter, c’est simplement être avec l’autre en l’aimant.

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