CONFINEMENT J+30 : Finalement, qu’est ce qui a changé ? Petit point sur mes (nouveaux ?) choix.

Voilà bientôt un mois que nous sommes, pour la plupart, déconfinées ! Quel bonheur pour certaines de retrouver la vie « normale », le quotidien habituel, mais quelle difficulté pour d’autres de refaire face à la « vie d’avant » et à tous ses aléas. Beaucoup évoquent le « syndrome de la cabane », c’est le fait d’être angoissé à l’idée de reprendre la vie d’avant et ses exigences. Il est vrai que même si l’expérience confinée a été largement imposée au début, la lenteur des journées, la présence des enfants, le vivre-ensemble et le calme social a plu à certaines. 

Pendant ces deux mois, ceux qui nous ont fait particulièrement face, ce sont nos choix. Ils nous ont sauté aux yeux, explosé à la figure, ils ont conditionné tout le reste, nous ont effrayés parfois et rendu heureuses aussi. Puisque nous étions seules face à eux, nous avons pu prendre conscience que certains nous abîment les yeux par leur noirceur, nous brouillent l’esprit, tandis que d’autres nous éblouissent par leur lumière et leur justesse. 

Le choix du lieu de vie

Le choix de mon conjoint, de ma conjointe

Le choix de mon travail

Le choix de ma vie sociale

Mes choix éducatifs

Mes choix organisationnels

Mes choix familiaux …

Certaines ont jubilé et chéris certains choix pendant ce confinement (« Mais qu’est-ce qu’on a bien fait de s’éloigner de Paris pour avoir de la verdure ! »), d’autres découvrent, par hasard, à force d’éprouver la vie ensemble, la grandeur de leur choix (« Mais il est vraiment génial mon homme ! »), tandis que d’autres vivent amèrement certains choix (« Comment je vais faire à la retraite pour le supporter, tous les jours ? »), allant parfois jusqu’à les regretter (« J’aurai jamais dû reprendre le travail »).

Et si, finalement, nous décidions de tirer profit de cette expérience absolument inédite et probablement unique que fut le confinement pour revoir nos engagements, et nos choix et ainsi mieux appréhender et tirer profit de de temps de « retrait » ? 

Prendre conscience de ses choix 

            Beaucoup en prenant du recul sur leur vie, leur façon d’être, ont pris conscience qu’elles avaient posé certains choix et pris certaines décisions sans même vraiment s’en rendre compte. Pourquoi en ce moment particulièrement nos choix se voient ? Tout d’abord parce que dans la vie quotidienne qui va souvent très vite, ce sont beaucoup les « non-choix » qui priment et qui eux, se voient. On ne sait pas tout à fait ce qu’on veut mais en tout cas on sait ce qu’on ne veut pas donc on l’élimine. Même si cela est, de fait, un choix, nous avons très souvent l’impression de ne pas avoir choisi. « Ça s’est fait comme ça », « on n’y a pas trop réfléchis », « on y a pensé à la dernière minute », sont des phrases qui font largement partie de notre vocabulaire et qui disent beaucoup sur notre façon de choisir, de prendre des décisions et donc, de vivre. C’est le cas pour des petites choses de notre vie quotidienne (un diner entre amis, l’achat d’un gros meuble, l’inscription à un cours de danse) mais aussi les choix plus importants qui fondent notre vie (le choix du mode de garde, de son travail, l’engagement dans une vie sociale, associative…). L’impression de ne jamais choisir est vraiment très désagréable et elle contribue probablement à cet effet de surmenage qui peut nous assaillir, à cette sensation de « survivre » et non de vivre et de ne faire qu’éliminer ce qui semble urgent à éliminer au lieu de définir ce qui est indispensable. 

Sauf que pendant que vous avez l’impression de courir, d’avancer et de ne jamais vraiment choisir, la vie glisse et les choix s’opèrent avec, quand même, une forme d’acquiescement de votre part. Comme le dit si bien Jean-Paul Sartre « ne pas choisir c’est encore choisir ». Cela voudrait dire que pendant tout ce temps où vous n’avez pas eu l’impression de choisir quoi que ce soit, en fait, vous avez quand même choisi. 

Redevenir décisionnaire et actrice de ses choix 

Alors peut-être que la première phase de cette remise en question, et pour sortir de ce flou qui peut éventuellement vous habiter, est de prendre réellement conscience de tous les choix, discrètement  minuscules, inconscients ou clairement conscients, que vous avez pris jusqu’ici, toute seule ou à deux et qui font de votre vie ce qu’elle est aujourd’hui. 

Après avoir pris conscience de toutes ces petites décisions, qui sont les petites pierres de l’édifice de votre vie, vous pouvez véritablement les remettre en question et cibler ce qui vous gêne, ce qui vous empêche d’être vous-même, ce qui vous pèse trop lourd. 

            Concrètement, vous pouvez aujourd’hui questionner ce qui semble être ces fondations de votre vie pour les rechoisir ou éventuellement y renoncer. Pour chaque situation, demandez-vous si elle vous met dans la joie, si votre cœur semble en paix lorsque vous vous projetez dans cette situation. Attention, même si un choix est difficile ou en tout cas n’est pas simple au quotidien, il peut par ailleurs vous mettre dans la joie (ex : travailler m’éloigne de ma famille et complique parfois le quotidien, mais cela me met en joie car je m’épanouis et me sens vraiment utile et à ma place). Après avoir questionné vos ressentis, demandez-vous ensuite si, si l’on vous en donnait la possibilité, vous choisiriez  à nouveau cette situation aujourd’hui, et si oui, pourquoi et si non, pourquoi. Enfin, concrètement, demandez-vous comment vous pourriez faire pour modifier la situation. 

Si l’analyse est pour vous déjà faite et que vous savez que vous n’êtes pas bien dans telle ou telle décision prise auparavant, utilisez vos ressentis, en vous appuyant sur la réalité pour essayer de comprendre pourquoi cette situation ne vous convient pas ou plus, qu’est ce qui fait que vous vous sentez décalée, fatiguée, désaccordée face à ce choix. Par exemple, vous pouvez vous rendre compte aujourd’hui que vous travaillez trop et que vous passez à côté de votre vie de famille, demandez-vous alors pourquoi aujourd’hui cette situation ne vous semble plus congruente avec vos désirs (ex : « le fait d’’avoir été toute la journée avec mes enfants, m’a fait prendre conscience qu’ils sont très riches, qu’ils ont chacun leur personnalité et que notre relation grandi chaque jour, ce que je ne pouvais pas expérimenter avant »).

Prendre conscience de ses choix permet donc de les rechoisir, ou pas, mais en tout cas de leur donner la place qu’ils doivent avoir, et c’est une première étape vers une prise de conscience réelle et agie. 

J’ai vraiment fait un mauvais choix, mais qu’est-ce que je fais là ? 

         Quelle situation désagréable que celle de s’apercevoir de la mauvaise route que nous avons empruntée. Quelle amertume et quelle déception nous offre la vie de voir à quel point nous nous sommes fourvoyées et à quel point la vie, la vraie, celle qui nous ferait vibrer a l’air d’être vraiment ailleurs. Et là tout à coup, il n’y a plus personne pour virevolter avec nous sur ce choix, la dynamique qui nous portait n’est plus vraiment au rendez-vous, ce qui peut vraiment nous faire chavirer. En effet, vous avez peut-être été pendant ce confinement face à vos responsabilités et cela vous a permis de réaliser les routes que vous avez empruntées jusqu’ici. Certaines ont trouvé peut-être complètement ridicules d’être confinées à 5 dans une si grande ville sans air et sans espace, tandis que d’autres se sont trouvées particulièrement esseulées dans ce moment d’isolement dans la campagne. 

Comment se sortir de la pénombre de la culpabilité, des regrets et de l’amertume. Tout d’abord, si vous êtes ici aujourd’hui, c’est que vous avez choisi, consciemment ou inconsciemment, comme nous l’avons évoqué ci-dessus. Or, choisir, c’est vivre. Si ce choix a fait l’objet de longues réflexions, vous aviez probablement vraiment l’impression de « faire le bon choix ». Soyez fière de vous, même si ce choix ne vous semble plus être « le bon » pour vous, votre famille, votre équilibre, vous avez déjà choisi et choisir c’est exercer votre liberté, vous positionner et donc, vous affirmer.

Si au contraire, vous avez l’impression de ne jamais avoir pris librement cette décision, qu’elle s’est imposée à vous, il peut être intéressant d’analyser le mouvement qui vous a poussé, hier, à partir dans cette direction. Demandez-vous alors : 

  • Pourquoi vous avez choisi ça au moment où vous l’avez choisi ? 
  • Pourquoi vous ne le choisiriez plus aujourd’hui ? 

Peut-être que les raisons sont belles, louables et bonnes et peut-être qu’elles ne sont pas réellement saines et qu’en tout cas, elles ne vous permettent pas de grandir. Les choix que l’on fait en fonction des autres, par peur de perdre leur amour, de les décevoir ou même par désir d’être « comme tout le monde » ou au contraire de vous différencier des autres n’est jamais un choix vraiment libre : le regard des autres ne peut à ce moment-là en aucun cas peser un poids dans votre choix précisément parce que les autres ne sont pas toujours là et qu’ils n’allument pas votre intériorité, c’est vous qui la vivez. Ainsi, vous avez pu découvrir qu’être seule vous permet de prendre de la distance et donc d’être plus ajustée avec vos choix.

Avant tout grand changement, une période de remise en question intense 

Pas de panique ! L’état dans lequel vous vous trouvez peut-être aujourd’hui, très désagréable, est essentiel avant d’envisager tout changement dans la vie. Nous remarquons que dans toute thérapie, un des grands facteurs de changement est la prise de conscience du patient et surtout son désir de changement. Cette amertume, cette incompréhension, voire cette tristesse vont vous porter dans un mieux, dans un changement imminent. En effet, combien de personnes ayant vécu un long burnout très éprouvant changent de vie ou font simplement des choix qui leur ressemble davantage après cela, c’est bien parce que cette période de difficulté permet de descendre en soi et de se reconnecter à ses réels besoins. C’est ce qui est en train de se passer en ce moment pour certaines ! 

Sachez que pour se positionner, pour prendre des décisions, il est important déjà, de prendre du temps, et de sortir de la dichotomie bien/mal. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas un choix absolument parfait et un choix catastrophique, vous ne choisissez pas entre une solution « légale » et une solution « illégale ». C’est la loi humaine et la loi du pays qui se charge de définir ce qui est bien ou mal, mais là il s’agit de savoir en vous ce qui va vous faire du bien ou ce qui ne va assurément pas vous en faire. 

Pour cela, demandez-vous ce qui donne du goût à votre vie, ce qui vous met dans la joie et surtout ce que vous avez découvert pendant ce confinement sur vous, votre famille, vos enfants, votre organisation et qui vous plaît ? Par exemple : je me suis rendu compte que de prendre de la distance vis-à-vis de telle ou telle relation m’apaise, me fait aller mieux et me rends plus efficace parce que cette relation me prend, en fait, beaucoup trop d’énergie. En bref, la question à se poser est la suivante : qu’est ce qui rends mon cœur chaud ? 

Demandez-vous, aussi, ce qui vous fait du mal, ce qui vous replie sur vous-même et vous agresse depuis le début de ce confinement. Par exemple : depuis le début du confinement, je ne supporte plus le fait d’être la seule à endosser les responsabilités liées à la maison, le ménage, la cuisine etc. En bref, qu’est ce qui rends mon cœur plus froid ? 

Sachez que rechoisir pour certaines sa vie mais pour d’autres simplement certains aspects de son quotidien demande du temps, de l’énergie, du soutien, de la communication, peut-être même de l’accompagnement. Peut-être d’ailleurs que le plus grand changement que vous allez opérer pour votre vie est celui de vous faire accompagner pour retrouver de la cohérence interne. Si le confinement n’avait jamais eu lieu vous ne vous seriez peut-être jamais rendu compte de l’absurdité ou du manque d’accordage de certains choix. Donc aujourd’hui, remerciez la vie, félicitez-vous d’avoir pu à un moment vous positionner, choisir et qu’un moment de « pause » comme celui-ci survienne pour vous donner un coup de main 😉

Enfin, n’oubliez pas cette phrase d’Henry Miller « L’homme a ce choix, laisser entrer la lumière ou garder les volets fermés ». Si ce confinement vous a permis de laisser entrer la lumière dans vos maisons et dans vos cœurs, gardez-la précieusement, et si, au contraire la pénombre vous saute aux yeux, chassez là, donnez-vous les moyens nécessaires pour la chasser et faire entrer la lumière qui habillera vos cœurs de joie !

Lénaïg Steffens

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