Petit exercice à vivre en couple pour mieux se comprendre dans l’éducation de nos enfants

L’éducation des enfants peut vraiment représenter pour certains couples des tensions, qui viennent mettre à l’épreuve la solidité du lien conjugal mais qui peut aussi venir permettre aux parents de développer une communication plus solide et plus régulière.

Même au sein d’un couple, notre histoire conditionne notre façon d’éduquer nos enfants, de se positionner par rapport à eux, et cela ne fait pas toujours sens avec la façon de percevoir l’éducation de votre partenaire. Les traditions familiales, les ressentis de chacun, l’intolérance, la trop grande tolérance, la dureté de coeur ou au contraire l’absence de cohérence affective peut mettre chacun des membres du couple dans un grand désarroi. Pas de panique ! Quand on communique les choses deviennent plus fluides, plus claires et surtout, une nouvelle route de compréhension et donc d’amélioration de la situation surgit.

Voici un petit exercice, à faire en couple, pour prendre le temps de mieux se comprendre, se connaitre et échanger en vérité sur nos enfants et notre façon de les éduquer.

  1. Prévoir un moment de qualité, tous les deux où vous pourrez échanger autour de cette question de l’éducation (le soir après le diner et autour d’une tisane ou d’un verre de vin, un midi après le café …).
  2. Pendant ce temps dédié, exprimez chacun vos difficultés au sujet de l’éducation de chacun de vos enfants (« Louis n’obéit jamais quand je lui demande de faire ses devoirs », « Martin est insolent », « Louise fait des grosses colères », « Julie me dit toujours que ce que je fais à manger c’est dégoutant »). Cela permet de faire un état des lieux global et que chacun des membres du couple prenne conscience de ce qui est le plus dur pour l’autre et de ce qui lui prend le plus d’énergie (grande source de fatigue). Vos ressentis peuvent être très différent ! L’un de vous tolérera peut-être mieux les caprices tandis que l’autre n’acceptera jamais l’insolence …
  3. Une fois que vous avez exprimé ce qui est le plus difficile pour vous, essayez de comprendre pourquoi, c’est à dire ce que cela suscite en vous : « Quand elle me dit ça, j’ai juste l’impression qu’elle me dit que je suis une mauvaise mère » ou « quand il ne m’obéit pas je pense à mon père qui n’aurait jamais accepté ça ! ». Sachez que parler ensemble en suscitant vos émotions, vos souvenirs, en toute conscience permet toujours d’aller dans le sens de l’amélioration des situations et permet aussi à l’autre de mieux vous connaître, donc, de mieux vous comprendre (et de mieux vous aimer 😉 ) !
  4. Une fois que ce petit travail d’introspection est fait, échangez entre vous au sujet de l’autre parent et du vécu que son mode éducatif suscite en vous. Sachez qu’exprimer notre façon de percevoir les choses et nos ressentis est déjà un premier pas vers un avenir plus apaisé. Il est évidemment essentiel de le faire « à froid » et de bien comprendre qu’une remarque en plein conflit ne permettra aucun apaisement et aucune prise de décision constructive. Veillez absolument à utiliser le « Je » et à ne jamais formuler de phrases accusatrices qui couperaient toute forme de communication et d’échange en vérité. Ex : « quand tu cries comme ça, je me sens agressée et j’ai l’impression d’être moi-même puni(e) alors que c’est juste Louise qui a fait une bêtise » ou « Quand tu les laisses me marcher sur les pieds je me sens très seule et j’aimerai tellement que tu viennes m’aider » ou encore « Quand devant les enfants tu me dis que j’exagère, j’ai envie de pleurer tellement je suis en colère, je me sens vraiment niée dans mon rôle de mère/père ». Ce moment peut être un moment très fort où chacun peut ouvrir son cœur et faire un pas vers l’autre.
  5. Après cela, prenez quelques minutes pour dire toute la force que votre conjoint vous apporte et apporte à l’éducation de vos enfants et tout ce qu’il apprend de grand et de beau à vos enfants, bref, ce pour quoi il est un super Papa/une super Maman. Vous pouvez commencer par « je t’admire en tant que mère pour … ». (Ex : « Je t’admire en tant que père quand tu joues dehors avec les enfants et que tu leur montre les fleurs du jardin parce qu’ils ont l’air d’apprendre tellement de choses et ils boivent tes paroles », « Quand tu cuisines avec Martin il est tellement heureux, ça se voit dans son regard qu’il t’admire, ça me rends très heureux de voir que mon fils passe autant de temps au service de la famille avec toi ! », « Quand je rentre et que les enfants sont prêts à diner, je t’admire pour ta patience et ta tolérance à leur égard »…)
  6. Enfin, après avoir pu exprimer cela, il faut que vous puissiez vous mettre d’accord sur un nouveau modèle éducatif ou sur des nouvelles règles à mettre en place à la maison pour améliorer pour de bon la situation, envisager ces semaines avec plus de sérénité et toutes les autres de la vie à venir. En effet, malgré tous vos ressentis, nécessaires à mettre sur la table et à comprendre pour rendre la vie réelle plus facile, vos enfants doivent respecter les règles et vous devez leur donner des limites. Fort de ce moment d’échange et d’écoute, les règles seront plus faciles à adopter puisque vous vous comprendrez mieux.

Quelques pistes pour cela …

    • Sachez tout d’abord que vos enfants sont normaux et que les transgressions, les bêtises, leur manque d’obéissance, leur insolence ne sont que des moyens pour appeler vos limites dont ils ont besoin pour grandir ! Comprendre cela permet de prendre conscience de la grande mission qui nous attend dans cette mise en place des limites, de l’appel simple de nos enfants, sans autres enjeux affectifs sous-jacents. A nous de répondre efficacement pour qu’ils passent à d’autres enjeux de construction psychique !
    • Nous savons aussi que crier, taper, ne sert à rien, qu’il vaut mieux exclure les enfants dans leur chambre immédiatement dès qu’ils débordent pour qu’ils intériorisent les limites qu’ils ne peuvent pas franchir. Pour cela, vous pouvez dire simplement aux plus petits : « je t’ai déjà expliqué que ce que tu fais là est interdit, tu es puni dans ta chambre », et aux plus grands : « C’est interdit de parler comme ça à Maman, d’adopter ce type de comportement, tu peux tout ressentir à l’intérieur de toi, des émotions les plus belles aux plus moches, mais tu ne peux pas tout exprimer. Alors à partir de maintenant quand tu n’arrives pas à te contenir et que tu débordes, tu iras dans ta chambre »
    • Une fois que vous avez décidé ensemble de ces règles et qu’elles vous conviennent à tous les deux, il est essentiel que vous formiez ensemble un duo et que les enfants ne puissent jamais, en aucun cas mettre le doute entre vous. Pour cela, dites systématiquement « écoute ta mère » quand Maman dit quelque chose et vice versa. Après avoir échangé au sujet de l’éducation de vos enfants, vous avez normalement pris conscience des difficultés que peut rencontrer votre conjoint (ex : « je crie beaucoup trop vite » ou « je vois que les enfants négocient trop avec moi« ), ainsi, lorsqu’un enfant débordera et que vous savez la difficulté de l’autre parent, aidez-le par ces mots : « écoute ton père et va dans ta chambre ». Ainsi, vous ne décrédibilisez pas sa parole et vous évitez qu’elle/il tombe dans un écueil qui ne fait pas de bien aux enfants et qui le/la peine beaucoup.

Vous sortirez grandis de ce moment intense et vos journées ne seront que plus belles !

 

 

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